Alors que je rentrais du travail à vélo, sur une piste cyclable, un petit enfant cartable au dos marchait devant moi, non loin de ce qui semblait être son père, et de ses deux grands
frères.
C'était un tout-petit enfant, d'à peine trois ans. Mais s'il avait un cartable au dos, c'est qu'il allait sans doute déjà à l'école, chez les tout-petits probablement, qu'on appelle aussi les "deux
ans", dans les écoles où la réduction des postes d'enseignants permet encore de scolariser à cet âge précoce.
Vous me direz, deux ans, c'est bien tôt fait d'envoyer un piou-piou à l'école. Il serait plutôt urgent d'attendre.
Sauf que pas là.
Je préfère vous expliquer pourquoi.
Quand je suis arrivée à sa hauteur, avec toutes les précautions d'usage, les mains sur les freins et à tout petit train, le bambin s'est tourné vers moi, d'une seule pièce.
Il a croisé mon regard et aussitôt, il s'est mis à tricoter des gambettes dans ma direction. Comme un petit chien. Souvent je lève le pied quand j'approche de toutous qui ne sont pas tenus en
laisse. Instinctivement, pour les grands bébés, je fais la même chose.
Cette fois-là, j'ai rudement bien fait. Parce qu'il aurait pu se jeter sous mes roues.
Il a donc fait quelques pas à mon côté, se rapprochant dangereusement de mes rayons. J'allais stopper complètement, quand le père s'est aperçu de ce manège.
Je l'ai vu se diriger vers le petit, la main qui ne tenait pas le pain, tendue en avant. Il a agrippé le marmot.
Et j'ai continué ma route. Dans mon dos, j'ai entendu "Putain, Kévin ! Putain !" et puis j'ai entendu pleurer l'enfant.
J'espère qu'à l'école, on lui donne plutôt la main, et on lui dit avec des mots sensés pourquoi il faut faire attention.
Parce que ce n'est pas avec un "putain" qu'on explique la sécurité à un enfant.
Par Ellie
Jeudi 31 janvier 2008
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Publié dans : Elèves en vrac
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