Elèves en vrac

Vous avez entendu parler des "stages de remise à niveau" ?

C'est les maîtres qu'on connaît qui viennent nous faire faire des exercices fin août. Si nos parents veulent bien.
Mais les parents sont d'accord, plus d'accord que nous, les enfants, pour nous céder tous les matins à un enseignant, plutôt que de se fader nos pieds qui trépignent, la semaine qui précède la rentrée.
Ben je vous le dis, c'est pas rigolo de se lever tôt tous les matins en vacances, même si on a rien à faire l'après-midi !


Avec la maîtresse, on est 7.
Aujourd'hui, on a décidé de dire des phrases. Dire des phrases, ça fait très grammaire et très chiant, en fait, mais tout d'un coup, on se rend compte qu'on dit des phrases tout le temps ! quand on parle à ses copains ! et même quand on pense dans sa tête !!!

Du coup, c'est qu'on découvre qu'en fait, on est très forts en phrases !!! On est tous des Monsieur Jourdain qui s'ignorent, hein ...  on sait pas qui c'est, ce monsieur, c'est la maîtresse qui a dit ça. Nous on le connaît pas.

Alors, bref, on en dit plein des phrases, et paf, la maîtresse, d'un coup (encore un) elle décide que cette phrase-là, que Kévina a dite, on va l'écrire, comme ça, comme on peut, sur le cahier !

Comme c'est rigolo et que les copains veulent dire d'autres phrases aussi, on écrit très vite.

La phrase de Kévina c'est :

"Demain, j'irai à la piscine."

Ensuite, Gerald lève la main et il a de la chance : c'est lui qui va au tableau pour l'écrire, la phrase !

Sauf que Gerald, il écrit :

"Demain J'irais à la piscine."

Bon, pour la virgule, la maîtresse, elle en parle pas, mais y'a Tim et Tom qui ne sont pas d'accord pour "j'irais". Ils n'ont pas mis de "s", eux.
La maîtresse est contente que Tim et Tom aient bon, mais elle aimerait bien qu'ils expliquent aux autres qui ont faux, comment ils ont fait pour trouver.
Tom, il a mis au hasard. C'est un genre de gros veinard.

Alors c'est Tim qui a dit :

"Ben, j'ai pas mis de S à "j'irai", parce que ... je vais y aller qu'une fois, à la piscine."

La maîtresse, elle a ri, et puis après elle a expliqué plein de trucs. On n'a pas tout compris. Mais ça parlait de "verbe". Tain, c'est quoi un verbe ?
Tu crois qu'ils vont nous le demander, dans une semaine, en sixième ?
Par Ellie
Mercredi 27 août 2008
- Voir les 1 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander
- Mais enfin, Eloi, tu es venu avec toute ta classe à la bibliothèque : pourquoi refuses-tu de choisir un livre ???

- J'ai pas envie d'avoir à le porter, après...


C'est du vécu, si si.
Par Ellie
Jeudi 3 avril 2008
- Voir les 5 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander
Quand il était au CP, Damon jouait avec les insectes. Il entrait dans l'univers de la haie, il se téléportait.
Il était feuillage et scolopendre, rameaux et racines, et vent dans les ramures si on va jusque là.
Quand il jouait au loup, il l'était, mais vraiment. C'était lui, LE loup. Avec les doigts convulsés et crispés en crochet, les traits grimaçants, les crocs qui pointaient, quasiment.

Ses parents ont mis encore deux ans à réaliser qu'il devait rencontrer un médecin, pour ça. On ne sait pas, à l'école, on ne nous dit jamais rien, mais il a dû rencontrer un psy.

Pour ses parents, Damon avait juste un problème avec ses doigts, une infirmité des tendons, qui s'appelle la dyspraxie. Ils ont demandé à plusieurs médecins d'être de leur avis, chez certains ils ont même réussi. On a donc alloué à Damon  un ordinateur, à la maison du Handicap. Pas facile déjà d'admettre que son enfant va à la Maison du Handicap (MDPH, nouveau nom, lourd à porter de l'ancienne commission de l'enseignement adapté...), alors mieux vaut que ce soit pour un handicap physique que pour un handicap mental.

Puis, quand même, sotto voce, on a parlé de psychose.
Bon an mal an, Damon a évolué. Mais depuis que son ordi a été remplacé par un pédopsy et une assistante de vie (à temps partiel), il est capable de venir me voir et de me dire :
" Tu sais, la fois où je t'ai dit pour mon frère et le couteau sous mon lit, tu sais, quand je disais que j'allais me faire tuer ce week-end, ce n'était pas vrai. (Damon n'élide pas la marque de la négation, il la prononce avec délectation) Je voulais faire l'intéressant."

Je le savais, Damon, je le savais.


En France, l'autisme n'est pas classé parmi les maladies neurologiques mais dans les maladies mentales. Il y a même des psychanalistes qui prétendent soigner l'autisme par la parole. On croit rêver. Les soins apportés aux autistes en hôpital de jour (hôpital psychiatrique qu'on appelle autrement pour rassurer les heureux parents) sont souvent inopérants, et les structures inadaptées.
On culpablilise toujours les parents d'autistes alors que la pathologie ne résulte en aucun cas de l'éducation reçue...
En Belgique, notamment, des thérapies comportementalistes (méthode
ABA) permettent de faire progresser les enfants autistes, surtout si le diagnostique est fait avant 5 ans.
Ce doit être la médecine française qui est autiste.

Plus d'infos auprès de l'association "Léa pour Samy"

Autre piste à suivre, je vais peut-être lire ce bouquin, je sens que ça va me rappeler des souvenirs, et peut-être des avenirs...
Par Ellie
Mercredi 2 avril 2008
- Voir les 7 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander
C'est moi qui ai eu les larmes aux yeux, quand on me l'a raconté.


Vincent a pleuré sur le gros ballon massant. De son corps bercé, brassé, massé, les larmes sont sorties toutes seules. Il a voulu serrer la  professeure d'expression corporelle dans ses bras, qu'elle le tienne contre elle, avec sa collègue. Qu'elles le pouponnent toutes les deux.  Et quand le stage a été fini, il leur a dit : "Au revoir, les mamans".

Vincent est pourtant grand, surtout dans sa classe, car il fait son deuxième CP. L'année dernière, il n'a pas pu enchaîner deux sons, il n'a pas pas pu "combiner", pour empoyer un terme technique. Même si maintenir un enfant en CP n'est plus très licite, il a fallu lui redonner ce temps. On l'a mis dans un CP/CE1, comme ça on peut tricher. Avec l'accord de sa maman, bien sûr.

Au début de l'année, Victor avait la fâcheuse manie de bourrer de petits coups d'épaule les adultes en train de discuter. Comme un petit poney qui réclame son sucre, son bout de pain rassis, en poussant le cavalier du chanfrein. Qui va même jusqu'à fouiller dans ta poche en soufflant de l'air chaud, humide et poussiéreux.

A cause de cette habitude de Vincent, il y avait des adultes qui lui expliquaient qu'il ne fallait pas les déranger, qu'il ne fallait pas entrer en contact avec eux comme ça, qu'ils ne l'acceptaient pas. Il y en avait qui finissaient par se fâcher: "Stop, maintenant !". On appelle ça poser un cadre.
Alors, il a arrêté.

Il a trouvé d'autres moyens. Et puis maintenant, on le connaît. On sait qu'il faut s'occuper de lui tout de suite, il est de ces enfants qui n'attendent pas, il n'en a pas encore la capacité. D'autres, oui, pas lui.

Des fois, on lui demande quand même de patienter. Vincent doit progresser. Mais on y va doucement.

Un jour, quelqu'un a eu une longue conversation avec Vincent. Elle a duré au moins une heure.
C'était au sujet du rôle de sa maman. On a demandé à Vincent à quoi ça servait, une maman.

Il a dit plein de choses, parce qu'il aime bien parler, Vincent, il sait bien le faire, ça.
Il a dit qu'une maman, ça donne à manger, à boire, ça fait le ménage, ça te donne des vêtements... il n'a jamais dit qu'une maman, ça donnait des bisous, des câlins.
Peut-être qu'il a oublié.
N'empêche que, sur le ballon qui le massait, qui le berçait, Vincent a pleuré. Calmement.
Par Ellie
Mercredi 5 mars 2008
- Voir les 3 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander
L'autre jour,  la maman de Jimmy est allée jusqu'à la Préfecture.
Elle a traversé toute la ville portée par sa colère.
Je la vois d'ici : elle entre dans ce majestueux édifice, aux guichets numérotés, aux files d'attente normées, aux regards fonctionnarisés.
Elle serait allée à l'Elysée si elle avait pu. Mais c'est loin, à pied.

La maman de Jimmy est allée jusque chez Monsieur le Préfet, pour râler.
Je crois même qu'au commissariat, elle a porté plainte. C'est sur le chemin. Ou elle a voulu, au moins.

Enfin, la maman de Jimmy voulait se plaindre, être entendue. Entendue enfin.

Ce matin, le téléphone a sonné dans le bureau du directeur, à l'école de Jimmy. C'était l'inspecteur, pour l'informer que la Préfecture venait de l'appeler.

Donc, elle l'a fait. En tout cas, à l'école, elle n'a rien dit, à personne, la maman de Jimmy.
Il paraît qu'elle a porté plainte contre la maîtresse de Jimmy.

C'est qu'elle, la maîtresse, avait eu l'idée de faire pratiquer aux élèves le débat philosophique. Du coup, à Jimmy, comme aux autres, il lui est arrivé parfois de nourrir ses interventions d'expériences personnelles.

La maman de Jimmy ne voulait pas qu'on sache, peut-être, on n'est pas sûr, puisqu'elle n'a rien dit, que par exemple, on risque de lui couper l'électricité, comme en ce moment l'argent manque.

C'est bien normal. Sûrement qu'on ne l'aurait pas répété, si on l'avait su. Les enfants, parfois, ils parlent sans penser à mal.

Peut-être que la maman de Jimmy aurait dû éviter de confier ses soucis d'adulte à un enfant de 7 ans. Des fois, on a besoin de parler mais on manque d'interlocuteurs.

Reste bien la maîtresse.

Reste bien...  le Préfet.
Par Ellie
Mercredi 27 février 2008
- Voir les 5 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander
Alors que je rentrais du travail à vélo,  sur une piste cyclable, un petit enfant cartable au dos marchait devant moi,  non loin de ce qui semblait être son père, et de ses deux grands frères.

C'était un tout-petit enfant, d'à peine trois ans. Mais s'il avait un cartable au dos, c'est qu'il allait sans doute déjà à l'école, chez les tout-petits probablement, qu'on appelle aussi les "deux ans", dans les écoles où la réduction des postes d'enseignants permet encore de scolariser à cet âge précoce.

Vous me direz, deux ans, c'est bien tôt fait d'envoyer un piou-piou à l'école. Il serait plutôt urgent d'attendre.
Sauf que pas là.
Je préfère vous expliquer pourquoi.

Quand  je suis arrivée à sa hauteur, avec toutes les précautions d'usage, les mains sur les freins et  à tout petit train, le bambin s'est tourné vers moi, d'une seule pièce.
Il a croisé mon regard et aussitôt, il s'est mis à tricoter des gambettes dans ma direction. Comme  un petit chien. Souvent je lève le pied quand j'approche de toutous qui ne sont pas tenus en laisse. Instinctivement, pour les grands bébés, je fais la même chose.

Cette fois-là, j'ai rudement bien fait.  Parce qu'il aurait pu se jeter sous mes roues.

Il a donc fait quelques pas à mon côté, se rapprochant dangereusement de mes rayons. J'allais stopper complètement, quand le père s'est aperçu de ce manège.

Je l'ai vu se diriger vers le petit, la main qui ne tenait pas le pain, tendue en avant. Il a agrippé le marmot.

Et j'ai continué ma route. Dans mon dos, j'ai entendu "Putain, Kévin ! Putain !" et puis j'ai entendu pleurer l'enfant.

J'espère qu'à l'école, on lui donne plutôt la main, et on lui dit avec des mots sensés pourquoi il faut faire attention.

Parce que ce n'est pas avec un "putain" qu'on explique la sécurité à un enfant.
Par Ellie
Jeudi 31 janvier 2008
- Voir les 10 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander
Quand ses camarades écrivent à leur  papa "je t'aime" sur leurs p'tits dessins de fin d'année, Andrew lui, dit que c'est pas la  peine parce que le sien il est loin. Sur une île du Pacifique.

Et ça fait un moment qu'il ne l'a pas vu. Parce que son papa il n'a pas le droit de venir en France.

Depuis qu'il est là, en France, Andrew est plein de joie, même s'il fait froid. Sauf des fois.

Sur sa carte de Noël, il n'écrit pas papa je t'aime. Et il a les yeux pas comme d'habitude, parce qu'ils brillent un peu moins et son petit sourire lui fait la bouche penchée dans des joues qu'on voudrait embrasser. Mais on peut pas parce qu'on est pas sa maman.


Pourtant, Andrew, il dit que des papas, il en a eu plein de nouveaux, depuis qu'il est ici, avec sa maman.

...

Alors, nous on lui a dit que c'est sûrement parce que sa maman est une maman très jolie, et très gentille et très sympathique et qu'il a bien de la chance d'avoir une vraie gentille maman comme ça.

Une vraie maman Noël.

Peut-être même qu'un jour, elle lui ramènera son vrai papa...
Par Ellie
Vendredi 21 décembre 2007
- Voir les 4 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander
Quand Amandine était au CP, dès qu'elle le pouvait, elle se glissait dans la cour des grands, pour jouer avec des CM2. Elle les défiait en duel comme on rêve d'affronter des dinosaures, de les dompter, de dominer la peur qu'on a de son père...
 
Maintenant, Amandine est au CM2. Elle n'est pas grande pour autant. Elle ne s'est toujours pas domptée elle-même. Amandine est toute-puissante, mettez-vous ça dans la tête.
 
Zoé est dans la classe d'Amandine. Elle aime bien jouer à donner des coups de pied aux autres, spécialement à sa soeur (qui préfère en rire), elle arrive généralement de vacances vers le 15 septembre (3 semaines après la rentrée) et fait à peu près ce qu'elle veut dans la vie.  
 
L'autre jour, Amandine et sa copine Zoé ont appris que leur maîtresse devait aller en formation, et donc être remplacée.
 
Amandine et Zoé étaient ravies d'accueillir comme il se doit la Remplaçante. Elles ont envoyé à l'avance à leurs camarades des jolis petits mots découpés dans leur cahier de brouillon, pour bien les motiver.
 
On pouvait y lire :
"On va lui faire sa fête, OK ?"
 
"On va la démolir." 
 
Pour être encore plus correctes, Amandine et Zoé le lui ont même dit les yeux dans les yeux; afin d'attirer son attention (elle était un peu distraite par Kevin et Brandon qui se bastonnaient sur ses pompes même pas de marque pendant que Brice et Sylvester s'insultaient d'un bout à l'autre de la classe, entre autres...), elles avaient pris soin de lui jeter à la figure quelques graines de tournesol (strictement interdites dans l'enceinte de l'école pour cause de risques d'étouffement et pour cause de saletés dans la cour aussi, on est tâtillon à l'école primaire, hein ?) enfin bref elles lui ont dit en substance :
"On va t'achever, tu nous fais pas peur. De toutes manières, tu peux rien nous faire."
 
Avaient-elles une dent contre une méchante enseignante ?
 
Même pas, elles ne l'avaient jamais rencontrée avant. 
 
Les conséquences ont été lourdes pour les deux charmantes jeunes filles : elles ont été sermonnées par la maîtresse en présence de leurs parents, on leur a même froncé les sourcils ! Ah, on a été très loin !!! Elles ont dû rester à l'école jusqu'à 19 heures ce soir-là. Les pauvres.
Les maîtresses aussi d'ailleurs. Faut croire qu'elles aiment ça.
 
Sûr que la prochaine fois elles se tiendront à carreau (les élèves, j'veux dire).
Vous auriez peur vous aussi, hein ?
 
Dans cette classe, cet après-midi là, on a tout à peu près tout vu, sauf peut-être un élève travailler...
Par Ellie
Jeudi 22 novembre 2007
- Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander
 
Aujourd'hui, Anthony est tombé. Au milieu du rang, sous le préau. Il s'est écroulé sans préavis.
Ses joues rouges, ses battements de coeur précipités nous rassurent. Il est en vie.
C'est long une minute pour espérer qu'il va se réveiller. A compter ses respirations. Son pouls sous les doigts comme une perche tendue à un nageur qui se noie.

Anthony s'est relevé. Il avait les joues rouges sous ses lunettes pas cassées.
Une minute sans connaissance, c'est suffisamment long.
Suffisamment sérieux pour justifier qu'on appelle le samu, surtout quand le téléphone chez papa maman ne répond pas. De toutes façons, c'est la Loi.

Trente minutes c'est long aussi, quand toute une classe attend l'arrivée des hommes en blanc. Trente minutes c'est long quand on est à 2 km de l'hôpital. Mais à l'hôpital aussi on bénéficie du progrès actuel des services publics. S'il faut être sauvé, on attendra son tour.

Bref, Anthony, est parti en ambulance.
Mais sur son lit de blessé, confus et encore rouge, il avoue quelque chose. S'il est tombé, Anthony, ce jour-là, dans le rang, à deux pas de sa maîtresse, au moment d'aller en classe, c'est parce qu'il jouait. A un jeu dangereux. Un jeu avec le feu.
Il jouait à la tomate.

La tomate. C'est un fruit. Mais c'est aussi une couleur. Le rouge des joues de quelqu'un qui retient sa respiration le plus longtemps possible.
Ce sont des grands du collège qui lui ont soufflé l'idée. Pas besoin de foulard, il suffit d'avoir ... un peu de volonté.

La tomate est un fruit empoisonné. On peut en mourir. C'est ce qu'on avait oublié de lui dire. Ou peut-être il avait quand même envie d'essayer. A dix ans, qui sait ce que c'est que la mort ?...

Anthony, lui, s'est réveillé. Mais celui qui tombera demain ? se relèvera-t-il ?

Maintenant, il va falloir en parler.

D'autres sitespour en parler :
http://www.sosbenjamin.org/

Doctissimo

clip de prévention de sosbenjamin-jeux dangereux - Ma-Tvideo France2
clip de prévention de sosbenjamin-jeux dangereux - Ma-Tvideo France2
jeux de la tomate, jeu du foulard, jeu de la canette, jeu du bouc émissaire, ces noms ne vous disent peut-être rien mais nosenfants les connaissent surement, des jeux aux effets dramatiques pour leurs vies et leurs santé.

venez nous rejoindre pour combatre ce fléau.
Par Ellie
Mardi 20 novembre 2007
- Voir les 1 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander

Kevin fait la sourde oreille.

Déjà trois fois que la maîtresse lui demande de rejoindre le rang. Kevin tourne ostensiblement la tête. Il cherche l'affrontement. Il sent son public dans son dos. Ses petits camarades, diraient les personnes âgées. Or, ce ne sont pas ses camarades. Ce sont ses spectateurs. Ses admirateurs. Du moins en fait-il confusément le voeu.

- Kevin, c'est l'heure ! ...

Eh, oui ! C'est pourtant l'heure de la sortie. Kevin, qui est toujours le premier à en faire un minimum syndical (façon de parler), là, il est prêt à se faire une minute, une heure, une semaine de rab' s'il le faut. Même, s'il le peut. Car Kevin a besoin de se faire remarquer.

Kevin aime se distinguer. Prendre le contre-pied. C'est un élève perturbateur. Il a des problèmes. De comportement.

Ce matin, il a rencontré pour la première fois son Educateur. C'est un homme auquel sa mère a demandé de lui expliquer qu'il devait la respecter elle, sa mère. Elle, et aussi ses semblables. Les FEMMES.

Kevin connaît bien les femmes : il y en a tant autour de lui. Sa mère, sa soeur, ses voisines d'escalier, ses voisines de classe, ses institutrices. Sur les 8 classes que compte l'école, 7 sont tenues par des femmes.

3d16e2d082f314ce4202955be387dbbb.jpgL'année dernière, Kevin était dans la classe de l'instituteur. On entendait assez peu parler de lui. Mais il ne pouvait pas y rester toute sa vie. Il va lui falloir apprendre à obéir à cette femme ?

Comment faire ?

Une femme est un être qu'on bat et qu'on insulte, qu'on traîne plus bas que terre. C'est son père qui le lui a appris. Par la manière forte.

Parfois Kevin longe la rue en grommelant "connasse" à l'adresse de celle qui est pourtant sa mère.

Kevin ne rentre pas dans le rang. Kevin tire la couverture à lui.

...

Il est de ces souffrances qu'un long chemin seulement parvient à apaiser.

La maman de Kevin veut lui faire suivre une psychothérapie. Sa maîtresse est d'accord.

Pourvu que le pédopsy soit un homme... 

 

Par Ellie
Vendredi 26 octobre 2007
- Voir les 4 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander

Profil

  • : Ellie
  • alayayaellie
  • : Femme
  • : 20/04/1969
  • : Kevinologue patentée souffrant d'un excès de jus de crâne. S'épanche ici.

Derniers Commentaire

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles

Créer un Blog

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés