En direct du front

L'école n'est pas obligatoire, c'est l'instruction qui l'est.
article L.131-2 du code de l’éducation
Pour bien des profs, les élèves sont des petits numéros. Ceux de leur moyenne.

Dans la masse de collégiens, de lycéens, qui les entourent, ces enseignants diplômés ne voient pas plus que des 10, des 12, des 9 armés d'un vague cartable et de cervelles plus ou moins rebelles à remplir, à l'entonnoir.
Au delà des 18, c'est l'élite. Les 20 de moyenne, si rares, touchent à peine terre, ils flottent sur des nuages d'amour et de reconnaissance : enfin, je suis un bon enseignant, j'ai des élèves qui ont 20 de moyenne.

Quant à ces larves de nombres à un chiffres, ces 5, ces7, ces 3, ces zéros, quelle horreur. Ils vous gâchent la vie.

Ce n'est pas un hasard si en quittant l'école primaire, l'évaluation de fin de période se voit renommée "contrôle". La note comme moyen de contrôle, de contrôle des cerveaux. La moyenne plus ? pouvez passer !
La moyenne moyenne moins ? z'êtes recalés !


Quant à savoir ce que ces apprenants ont vraiment dans la tête, qui s'en soucie. Qui se soucie de savoir si ce 5 à un "contrôle" de maths est dû à une formule mal assimilée, à des erreurs de calcul, à un manque de vocabulaire. Qu'y'a-t-il de positif dans tout ça, et comment un élève peut-il faire le bilan objectif de ses compétences, et se dire une fois pour toutes : "ça, je sais le faire !"

Quand donc apprendra-t-on dans les IUFM la pédagogie par objectifs ?
Quand donc évaluera-t-on sainement, en tenant compte des aspects positifs ?
Quand donc arrêtera-t-on de cataloguer les élèves ?

Quand donc comprendra-t-on qu'enseigner est un métier qui s'apprend, un métier technique et évolutif ? Dans lequel il faut savoir se remettre en question ?

Mes objectifs :

Définir ce que doivent savoir mes élèves en fin d'année.
Evaluation initiale : pour connaître mes élèves, effectuer un bilan de ce qu'ils savent, de ce qu'ils savent faire, de leur manière d'apprendre et de comprendre bien à eux.
Evaluations d'étape  : fournir à mes élèves et à leur parents le tableau le plus fidèle possible de leurs acquis et de ce qui reste à faire éventuellement, et ce au moins trois fois dans l'année.
Evaltuation finale : transmettre à l'enseignant de la classe suivante tous les outils nécessaires pour la suite des apprentissages, l'aider à faire son évaluation initiale, sans l'influencer, avec objectivité.

par Ellie
Vendredi 9 mai 2008
publié dans : Pour l'école primaire ! commentaires (0)   
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
Il marche sur le trottoir bien sagement. Il doit avoir 11 ou 12 ans, il est rond comme une bouteille de ce mélange immonde et addictif qu'on agite pour faire remonter la pulpe. Tiens, on dirait Dudley dans Harry Potter 1.

Elle est sur sa gauche, côté route, pour le mettre à l'abri, comme la casquette qu'elle a sans doute elle-même vissé sur sa tête parce qu'aujourd'hui, à onze heures du matin, il fait déjà chaud.
Elle est à peine plus grande que lui. Elle avance calmement, son pantalon bariolé hors d'âge flotte autour de ses jambes.
Ils doivent revenir du Champio, un peu plus bas, car dans sa main droite, elle tient un sac glaciaire de grande distribution. Sur son dos, un sac bien plein. Elle ne plie pas. Mais elle ne lui donne pas la main.

Lui, ne porte pas la moindre charge.
Sauf sa graisse protectrice d'enfant choyé. Trop. Mal. Mais choyé.
par Ellie
Mercredi 7 mai 2008
publié dans : Une famille en danger commentaires (2)   
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
Une femme à majuscule, voilà ce que j'ai découvert hier, quand Jenifer m'a apporté son exercice de grammaire. Il fallait remplacer le pronom personnel sujet par un groupe nominal adéquat, en faisant attention au sens (un truc barbare, comme d'habitude, et qui sert à rien, sauf que bon... c'est dans les IO, alors).

Exemple (car je sais que c'est du jargon jusque là) :

Tu prends
(Ils) hurlent tous les soirs à la lune.
Et t'écris à la place :
Les loups hurlent tous les soirs à la lune.

On pense bien à faire l'accord en genre et nombre, et la maîtresse, elle est trop contente.  Et en plus, ça ranime le côté créatif et tout ça. Bref.

Jenifer avait complété la phrase "(Elle) soigne les gens à l'hôpital." de la manière suivante :

"Eveline Delyat soigne les gens à l'hôpital"

"Evelyne Dheliat??" (je crois que ça s'écrit plutôt comme ça) "mais d'où tu connais Ev'lyne Dheliat ?"

Et les autres élèves de renchérir :
"Mais, maîtresse, elle présente la météo le soir !"
"Ben oui, et y'a aussi Cat'rine Laborde et Sébatien Follin !"

Sans blague.
Moi qui ne savait pas quel nom propre choisir pour ma prochain séance de torture d'orthographe ("Je classe les noms communs et les noms propres" avec la bouche mais sans l'cerveau).

C'est vrai, Zidane, ça va marcher encore un peu, mais après, faudra chercher longtemps pour en trouver un qu'ils connaissent et que je sache écrire.
Sarkozy peut-être.
Parce que j'ai un collègue qui a essayé Tintin et Tarzan, et il a fait un BIDE !

par Ellie
Dimanche 27 avril 2008
publié dans : Pour l'école primaire ! commentaires (4)   
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
L'autre jour, j'ai voulu expliquer les fractions à mes ch'tis n'élèves. Alors je leur ai demandé s'ils préféraient les gâteaux au chocolat ou à la vanille et  on a commencé à partager les gâteaux en parts égales pour ne pas faire de copains jaloux.

On a dit que le dénominateur, c'était le nombre de parts égales qu'on coupait dans chaque gâteau. Et que le numérateur, c'était le nombre de parts qu'on distribuait et qu'on mangeait (miam miam) !

Jusque là tout allait bien... 
On a coupé les gâteaux en quatre, en huit, on a pris 1 part, deux parts, 4 parts, 12 parts, on a vu deux parts de gâteau coupé en quatre, ça faisait la moitié d'un gâteau et donc pareil qu'une part d'un gâteau coupé en deux. Comme 4 parts d'un gâteau coupé en huit.  (oui, je sais, je fais un métier passionnant, mais presque)


Jusque là ça va ?
Enfin, bref, on s'amusait bien.
Du coup, portée par cette vague d'enthousiasme, je leur ai proposé de couper un gâteau en trois parts égales, et j'ai fait à peu près ce dessin-là :

Et là, y'a eu comme un mouvement de foule, un cri du coeur :

"Maîtresse ! mais c'est ... MERCEDES !!!"

Je crois que j'ai trouvé un bon truc pour faire aimer les maths... Ouéééé.

par Ellie
Dimanche 13 avril 2008
publié dans : Pour l'école primaire ! commentaires (8)   
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
- Mais enfin, Eloi, tu es venu avec toute ta classe à la bibliothèque : pourquoi refuses-tu de choisir un livre ???

- J'ai pas envie d'avoir à le porter, après...


C'est du vécu, si si.
par Ellie
Jeudi 3 avril 2008
publié dans : Elèves en vrac commentaires (5)   
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
Quand il était au CP, Damon jouait avec les insectes. Il entrait dans l'univers de la haie, il se téléportait.
Il était feuillage et scolopendre, rameaux et racines, et vent dans les ramures si on va jusque là.
Quand il jouait au loup, il l'était, mais vraiment. C'était lui, LE loup. Avec les doigts convulsés et crispés en crochet, les traits grimaçants, les crocs qui pointaient, quasiment.

Ses parents ont mis encore deux ans à réaliser qu'il devait rencontrer un médecin, pour ça. On ne sait pas, à l'école, on ne nous dit jamais rien, mais il a dû rencontrer un psy.

Pour ses parents, Damon avait juste un problème avec ses doigts, une infirmité des tendons, qui s'appelle la dyspraxie. Ils ont demandé à plusieurs médecins d'être de leur avis, chez certains ils ont même réussi. On a donc alloué à Damon  un ordinateur, à la maison du Handicap. Pas facile déjà d'admettre que son enfant va à la Maison du Handicap (MDPH, nouveau nom, lourd à porter de l'ancienne commission de l'enseignement adapté...), alors mieux vaut que ce soit pour un handicap physique que pour un handicap mental.

Puis, quand même, sotto voce, on a parlé de psychose.
Bon an mal an, Damon a évolué. Mais depuis que son ordi a été remplacé par un pédopsy et une assistante de vie (à temps partiel), il est capable de venir me voir et de me dire :
" Tu sais, la fois où je t'ai dit pour mon frère et le couteau sous mon lit, tu sais, quand je disais que j'allais me faire tuer ce week-end, ce n'était pas vrai. (Damon n'élide pas la marque de la négation, il la prononce avec délectation) Je voulais faire l'intéressant."

Je le savais, Damon, je le savais.


En France, l'autisme n'est pas classé parmi les maladies neurologiques mais dans les maladies mentales. Il y a même des psychanalistes qui prétendent soigner l'autisme par la parole. On croit rêver. Les soins apportés aux autistes en hôpital de jour (hôpital psychiatrique qu'on appelle autrement pour rassurer les heureux parents) sont souvent inopérants, et les structures inadaptées.
On culpablilise toujours les parents d'autistes alors que la pathologie ne résulte en aucun cas de l'éducation reçue...
En Belgique, notamment, des thérapies comportementalistes (méthode
ABA) permettent de faire progresser les enfants autistes, surtout si le diagnostique est fait avant 5 ans.
Ce doit être la médecine française qui est autiste.

Plus d'infos auprès de l'association "Léa pour Samy"

Autre piste à suivre, je vais peut-être lire ce bouquin, je sens que ça va me rappeler des souvenirs, et peut-être des avenirs...
par Ellie
Mercredi 2 avril 2008
publié dans : Elèves en vrac commentaires (6)   
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
A 10 ans, un enfant est très influençable. Certains l'ont compris, comme le programme Bizworld, sponsorisé par les plus grands entreprises américaines, particulièrement dans le domaine des finances, parmi lesquelles la banque Merrill Lynch, par exemple.
Ce programme né aux Etats-Unis est à l'heure actuelle exporté dans 84 pays du monde, dont la France. Il touche plus de 200 000 enfants de 10-12 ans, auxquels il inculque les bases de la création dune entreprise et de la gestion de fonds en bourse.
Voici sa vidéo de propagande :

Au même moment, une étude statistique vient de démontrer que la durée de vie moyenne aux Etats-Unis n'augmentait plus QUE pour les personnes ayant fait au moins 12 ans d'études. On en déduit facilement que l'éducation qu'on reçoit à l'école a un impact direct sur notre durée de vie : hygiène, suivi médical, résistance éclairée aux drogues de toutes sortes - j'inclus aussi la malbouffe - et contraception bien menée par exemple.

Au même moment, en France, on supprime un grand nombre de postes d'enseignants du premier degré, et on éjecte une bonne partie des sciences du programme.
L'hygiène et la prévention médicale sont depuis des années du ressort des collectivités locales, vulnérables donc à la décision d'élus dont le souci n'est pas forcément l'éducation.
J'ajoute que la politique de destruction de la fonction publique a été menée avec un peu d'avance aux Etats-Unis, sous les administrations Reagan et Bush père, notamment. On en voit les conséquences aujourd'hui... inégalités sociales et éducatives renforcées, des cohortes de gens incultes et incapables de se prendre en charge sur un plan personnel.

Une dernière petite chose. Une autre étude a montré qu'une personne qui est obèse ou fumeuse, et a une mauvaise santé coûte moins cher à l'assurance-maladie qu'une personne en bonne santé.

Mauvaise éducation, vie courte. Le double effet kill cool ?

Bienvenus dans un monde qui change. Demain, mourra-t-on plus tard, ou plus tôt dans votre ville, votre département, votre région ? C'est aujourd'hui un jour de scrutin, cantonal en particulier. Le Conseil général qu'on sous-estime souvent, est aux manettes de toutes les politiques de prévention et d'aide sociale qui vous entourent directement. Le maire, lui, se bat ou non pour défendre le nombre de postes d'enseignants dans les écoles, le nombre d'écoles et leurs crédits de fonctionnement, et prévoit, ou non, une politique de prévention médicale, notamment des bilans dentaires, une éducation à l'alimentation pour prévenir l'obésité...

Il vaut mieux prévenir que guérir.
Prévenir, c'est aussi choisir son bulletin de vote et insister sur VOS priorités.
L'école.
par Ellie
Dimanche 16 mars 2008
publié dans : Pour l'école primaire ! commentaires (0)   
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
C'est moi qui ai eu les larmes aux yeux, quand on me l'a raconté.


Vincent a pleuré sur le gros ballon massant. De son corps bercé, brassé, massé, les larmes sont sorties toutes seules. Il a voulu serrer la  professeure d'expression corporelle dans ses bras, qu'elle le tienne contre elle, avec sa collègue. Qu'elles le pouponnent toutes les deux.  Et quand le stage a été fini, il leur a dit : "Au revoir, les mamans".

Vincent est pourtant grand, surtout dans sa classe, car il fait son deuxième CP. L'année dernière, il n'a pas pu enchaîner deux sons, il n'a pas pas pu "combiner", pour empoyer un terme technique. Même si maintenir un enfant en CP n'est plus très licite, il a fallu lui redonner ce temps. On l'a mis dans un CP/CE1, comme ça on peut tricher. Avec l'accord de sa maman, bien sûr.

Au début de l'année, Victor avait la fâcheuse manie de bourrer de petits coups d'épaule les adultes en train de discuter. Comme un petit poney qui réclame son sucre, son bout de pain rassis, en poussant le cavalier du chanfrein. Qui va même jusqu'à fouiller dans ta poche en soufflant de l'air chaud, humide et poussiéreux.

A cause de cette habitude de Vincent, il y avait des adultes qui lui expliquaient qu'il ne fallait pas les déranger, qu'il ne fallait pas entrer en contact avec eux comme ça, qu'ils ne l'acceptaient pas. Il y en avait qui finissaient par se fâcher: "Stop, maintenant !". On appelle ça poser un cadre.
Alors, il a arrêté.

Il a trouvé d'autres moyens. Et puis maintenant, on le connaît. On sait qu'il faut s'occuper de lui tout de suite, il est de ces enfants qui n'attendent pas, il n'en a pas encore la capacité. D'autres, oui, pas lui.

Des fois, on lui demande quand même de patienter. Vincent doit progresser. Mais on y va doucement.

Un jour, quelqu'un a eu une longue conversation avec Vincent. Elle a duré au moins une heure.
C'était au sujet du rôle de sa maman. On a demandé à Vincent à quoi ça servait, une maman.

Il a dit plein de choses, parce qu'il aime bien parler, Vincent, il sait bien le faire, ça.
Il a dit qu'une maman, ça donne à manger, à boire, ça fait le ménage, ça te donne des vêtements... il n'a jamais dit qu'une maman, ça donnait des bisous, des câlins.
Peut-être qu'il a oublié.
N'empêche que, sur le ballon qui le massait, qui le berçait, Vincent a pleuré. Calmement.
par Ellie
Mercredi 5 mars 2008
publié dans : Elèves en vrac commentaires (3)   
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
L'autre jour,  la maman de Jimmy est allée jusqu'à la Préfecture.
Elle a traversé toute la ville portée par sa colère.
Je la vois d'ici : elle entre dans ce majestueux édifice, aux guichets numérotés, aux files d'attente normées, aux regards fonctionnarisés.
Elle serait allée à l'Elysée si elle avait pu. Mais c'est loin, à pied.

La maman de Jimmy est allée jusque chez Monsieur le Préfet, pour râler.
Je crois même qu'au commissariat, elle a porté plainte. C'est sur le chemin. Ou elle a voulu, au moins.

Enfin, la maman de Jimmy voulait se plaindre, être entendue. Entendue enfin.

Ce matin, le téléphone a sonné dans le bureau du directeur, à l'école de Jimmy. C'était l'inspecteur, pour l'informer que la Préfecture venait de l'appeler.

Donc, elle l'a fait. En tout cas, à l'école, elle n'a rien dit, à personne, la maman de Jimmy.
Il paraît qu'elle a porté plainte contre la maîtresse de Jimmy.

C'est qu'elle, la maîtresse, avait eu l'idée de faire pratiquer aux élèves le débat philosophique. Du coup, à Jimmy, comme aux autres, il lui est arrivé parfois de nourrir ses interventions d'expériences personnelles.

La maman de Jimmy ne voulait pas qu'on sache, peut-être, on n'est pas sûr, puisqu'elle n'a rien dit, que par exemple, on risque de lui couper l'électricité, comme en ce moment l'argent manque.

C'est bien normal. Sûrement qu'on ne l'aurait pas répété, si on l'avait su. Les enfants, parfois, ils parlent sans penser à mal.

Peut-être que la maman de Jimmy aurait dû éviter de confier ses soucis d'adulte à un enfant de 7 ans. Des fois, on a besoin de parler mais on manque d'interlocuteurs.

Reste bien la maîtresse.

Reste bien...  le Préfet.
par Ellie
Mercredi 27 février 2008
publié dans : Elèves en vrac commentaires (5)   
ajouter un commentaire recommander créer un trackback
Alors que je rentrais du travail à vélo,  sur une piste cyclable, un petit enfant cartable au dos marchait devant moi,  non loin de ce qui semblait être son père, et de ses deux grands frères.

C'était un tout-petit enfant, d'à peine trois ans. Mais s'il avait un cartable au dos, c'est qu'il allait sans doute déjà à l'école, chez les tout-petits probablement, qu'on appelle aussi les "deux ans", dans les écoles où la réduction des postes d'enseignants permet encore de scolariser à cet âge précoce.

Vous me direz, deux ans, c'est bien tôt fait d'envoyer un piou-piou à l'école. Il serait plutôt urgent d'attendre.
Sauf que pas là.
Je préfère vous expliquer pourquoi.

Quand  je suis arrivée à sa hauteur, avec toutes les précautions d'usage, les mains sur les freins et  à tout petit train, le bambin s'est tourné vers moi, d'une seule pièce.
Il a croisé mon regard et aussitôt, il s'est mis à tricoter des gambettes dans ma direction. Comme  un petit chien. Souvent je lève le pied quand j'approche de toutous qui ne sont pas tenus en laisse. Instinctivement, pour les grands bébés, je fais la même chose.

Cette fois-là, j'ai rudement bien fait.  Parce qu'il aurait pu se jeter sous mes roues.

Il a donc fait quelques pas à mon côté, se rapprochant dangereusement de mes rayons. J'allais stopper complètement, quand le père s'est aperçu de ce manège.

Je l'ai vu se diriger vers le petit, la main qui ne tenait pas le pain, tendue en avant. Il a agrippé le marmot.

Et j'ai continué ma route. Dans mon dos, j'ai entendu "Putain, Kévin ! Putain !" et puis j'ai entendu pleurer l'enfant.

J'espère qu'à l'école, on lui donne plutôt la main, et on lui dit avec des mots sensés pourquoi il faut faire attention.

Parce que ce n'est pas avec un "putain" qu'on explique la sécurité à un enfant.
par Ellie
Jeudi 31 janvier 2008
publié dans : Elèves en vrac commentaires (10)   
ajouter un commentaire recommander créer un trackback

Profil

  • : Ellie
  • alayayaellie
  • : Kevinologue patentée souffrant d'un excès de jus de crâne. S'épanche ici.

Derniers Commentaire

Recherche

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Créer un Blog

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus